À Nanterre, entre les boucles de la Seine et le pied du Mont Valérien, on tombe vite sur des alluvions sablo-graveleuses ou des marnes et caillasses du Lutétien. Quand un projet touche à une excavation profonde ou à un écran étanche, connaître la perméabilité réelle du terrain devient critique. L’essai Lefranc, en forage, donne la conductivité hydraulique des sols meubles ; l’essai Lugeon, lui, caractérise la fracturation du rocher sous pression. Les deux méthodes sont exécutées suivant la norme NF P 94-131 et permettent de caler les rabattements de nappe sans gaspiller le budget pompage. Avant d’engager un essai, on recoupe souvent les résultats avec une granulométrie pour vérifier la cohérence entre la courbe granulométrique et la perméabilité mesurée, surtout dans les horizons hétérogènes des terrasses alluviales de la Seine.
Un essai Lugeon bien mené dans les calcaires de Nanterre évite des surprises coûteuses en phase d’injection d’étanchéité.
Méthodologie et portée
Le sous-sol de Nanterre impose une attention particulière à la fracturation. Les calcaires grossiers du Lutétien, exploités en carrières souterraines jusqu’au XIXe siècle, présentent des vides résiduels et des circulations préférentielles. L’essai Lugeon, réalisé par paliers de pression dans un sondage carotté, détecte ces anomalies bien mieux qu’une simple observation sur carotte. En sol meuble, l’essai Lefranc à niveau constant ou variable s’adapte à la profondeur de la nappe, qui fluctue ici entre 3 et 8 mètres selon les secteurs. Les mesures s’effectuent en cours de forage, avec des obturateurs gonflables pour isoler la tranche testée, et les débits sont enregistrés jusqu’à stabilisation. Pour les projets d’infrastructure linéaire ou de parking souterrain, le rapport inclut systématiquement les logs de forage, les courbes débit/pression et une interprétation selon la méthode de Hvorslev pour le Lefranc ou le critère de Lugeon modifié pour le rocher.
Considérations locales
Les alluvions anciennes de la Seine, présentes sous une grande partie de Nanterre, alternent sables propres et lentilles argileuses sur quelques mètres. Un essai Lefranc isolé dans une poche sableuse peut surestimer la perméabilité globale du massif. L’inverse est vrai aussi : une mesure dans un horizon argileux masque le potentiel drainant des couches voisines. Sur le plateau du Mont Valérien, le calcaire lutétien affleure avec un pendage faible mais une karstification diffuse. Un essai Lugeon qui ne couvre pas au moins trois paliers de pression risque de passer à côté d’un effet de fracturation hydraulique. En phase AVP, ces lacunes se traduisent par des volumes d’injection mal dimensionnés ou des rabattements insuffisants. Le suivi piézométrique avant et pendant l’essai est donc systématique, et les résultats sont croisés avec la coupe géotechnique du site.