Le sous-sol de Nanterre raconte deux histoires. Au nord, vers le quartier des Groues, les alluvions anciennes de la Seine dominent. Au sud, sur les pentes du Mont-Valérien, on trouve des marnes et caillasses compactes. La conception d'ancrages actifs/passifs ne peut pas être la même dans ces deux secteurs. Dans les sables et graviers, un scellement profond est indispensable pour mobiliser la résistance. Dans les calcaires du Lutétien, on peut réduire le bulbe si la roche est saine. Notre équipe réalise des dimensionnements spécifiques à chaque zone. Nous vérifions la stabilité d'ensemble avec le dimensionnement de murs de soutènement quand l'ancrage fait partie d'un écran, et nous couplons l'étude avec un essai CPT pour connaître le frottement latéral continu dans les horizons sableux de la plaine alluviale.
Un tirant d'ancrage à Nanterre se dimensionne pour la poussée des terres et pour la poussée de la nappe.
Méthodologie et portée
La norme NF P94-282 définit les essais de mise en tension et de contrôle des tirants. À Nanterre, cette norme prend tout son sens. La nappe phréatique est haute, souvent à moins de 4 mètres de profondeur dans la plaine. Un ancrage mal scellé dans ces conditions devient un chemin préférentiel pour l'eau. Nous dimensionnons chaque tirant selon l'Eurocode 7 (NF EN 1997-1) et les recommandations TA 2020 du CFMS. Notre méthode inclut le calcul de la longueur libre, la longueur de scellement, et la vérification au glissement du massif. Les paramètres de frottement unitaire qs sont tirés des essais pressionétriques Ménard réalisés in situ. Pour les ouvrages provisoires, nous appliquons les coefficients partiels de l'annexe nationale française. Pour les ouvrages définitifs, une protection anticorrosion double barrière est systématique. Le contrôle de mise en tension suit un protocole par paliers, avec mesure des déplacements en tête.